Le phénomène TikTok : playback, créativité et dérives

3 octobre 2019 (Modifié le 4 octobre 2019) Multimédia

Après Facebook, Twitter, Instagram et Snapchat, c’est au tour de TikTok d’occuper une place de choix dans le monde des réseaux sociaux. Téléchargée plus d’un milliard de fois, l’application compte aujourd’hui pas moins de 500 millions d’utilisateurs actifs par mois. Qu’y fait-on et comment expliquer l’engouement actuel pour la plateforme préférée des 9-15 ans ? Tour d’horizon.

Tik quoi ?

Créée en 2016 par la start-up chinoise ByteDance, TikTok (ou « Douyin » en Chine) est une application de réseautage social permettant de réaliser, partager et visionner des vidéos courtes. Les utilisateurs se filment en train de faire du playback, des chorégraphies ou encore des sketches. Une fois partagées, les vidéos défilent sur la page d’accueil de l’appli et sont répertoriées dans le profil du créateur, sur un principe similaire à celui d’Instagram. Les utilisateurs peuvent ainsi recueillir des « likes » et des abonnés. L’essor de TikTok est fulgurant : en 2018, plus d’un milliard de vidéos ont été visionnées chaque jour.

Un terrain fertile à la créativité et aux interactions.

Sur TikTok, les utilisateurs disposent d’une boîte à outils bien fournie : des quantités de filtres mais aussi une bibliothèque de sons, d’effets spéciaux et de stickers pour accompagner et agrémenter les vidéos. C’est un des aspects positifs, qui permet à l’application de se démarquer des autres réseaux sociaux : elle laisse libre court à la créativité et ne nécessite pas de connaissances particulières en montage vidéo.

Les interactions sont vivement encouragées, notamment par le biais de vidéos de « réponse » ou d’une fonction « duo » (qui permet de dupliquer une vidéo pour y ajouter sa propre contribution). TikTok propose aussi des challenges hebdomadaires, invitant les utilisateurs à se démarquer et à poster toujours plus de contenu.

Mais aussi aux dérives…

Comme la plupart des réseaux sociaux, TikTok n’est accessible qu’à partir de 13 ans, ce qui n’empêche pas les plus jeunes d’y être présents en grand nombre, puisqu’il suffit de tricher sur sa date de naissance pour s’inscrire. Poster du contenu, engendrer des vues, c’est s’exposer aux critiques, aux commentaires parfois moqueurs, voire haineux, ayant pour la plupart du temps trait au physique. TikTok n’échappe pas au cyberharcèlement, toujours bien présent sur les plateformes sociales.

On reproche également à l’application d’encourager le narcissisme et l’hypersexualisation. De très jeunes filles se filment peu vêtues, ultra maquillées et adoptent des postures « sexy » inadaptées à leur âge. Il règne sur TikTok une ambiance de superficialité, de culte de la beauté et du corps souvent nuisible pour une population en pleine construction identitaire, parfois fortement influençable.

De plus, ce réseau est également fréquenté par des adultes malintentionnés, qui suivent majoritairement des jeunes filles et n’hésitent pas à les contacter en privé, à leur envoyer des photos inappropriées ou à leur faire des propositions déplacées.

Condamnée à une amende de 5,7 millions de dollars pour avoir collecté illégalement les données personnelles de mineurs, ByteDance a depuis mis en place des paramètres de sécurité pour protéger ses utilisateurs. On peut rendre son profil privé, limiter ou bloquer les commentaires. Il reste néanmoins essentiel d’informer et de sensibiliser les plus jeunes aux risques encourus quand on s’expose et qu’on partage du contenu sur TikTok, et plus globalement, sur les réseaux sociaux.

Plus d’infos ?

Le Roi des rats, YouTubeur qui pointe régulièrement du doigt certains abus des réseaux sociaux, a notamment démontré, en se faisant passer pour une jeune fille, la présence de prédateurs sexuels qui n’hésitent pas à entrer en contact via les commentaires des vidéos, à envoyer du contenu pornographique ou à proposer des rencontres IRL. Une vidéo bien documentée à voir pour mieux comprendre le phénomène et en saisir les dérives majeures.

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